Biographie Sera mis à jour prochainement.
Les divertissements dʼautrefois - sʼasseoir autour du feu en se racontant des récits, descontes - peuvent prendre de nouveaux visages. Originaire de lʼÎle-du-Prince-Édouard (Canada), le jeune trio accoustique Ten Strings and a Goat Skin en est conscient, transformant la tradition avec vigueur, curiosité et quelques étincelles dʼhumour naïf.
Ils rassemblent un nouveau cercle dʼauditeurs pour une prestation intime Auprès du Poêle (nouvel album qui sera lancé le 12 juin 2016), présentant un amalgame de compositions originales et de chansons traditionnelles, aussi mélancoliques quʼénergiques. Allant au-delà des racines écossaises et acadiennes de la musique traditionnelle de lʼÎ.-P.-E., Ten Strings and a Goat Skin mélangent les fibres franco-canadiennes, bretonnes, irlandaises et écossaises pour en tisser une étoffe musicale faite de sonorités actuelles et excentriques, flirtant avec les côtés inspirants de la musique indie.
«Nous sommes moins ancrés dans les structures traditionnelles, dans la façon dont les musiciens rassemblent habituellement les pièces pour la danse», fait remarquer Rowen Gallant, lʼun des deux «joueurs de cordes» du trio. «Nous avons délaissé ces structures. Nous retenons certains éléments mélodiques, mais nous ne craignons pas dʼéclater les formes.»
En travaillant de près avec le réalisateur Leonard Podolak du groupe roots-éclectique The Duhks (nominé pour un prix Grammy et récipiendaire dʼun prix Juno), Ten Strings and a Goat Skin explorent de nouveaux territoires musicaux, ajoutant de lʼorgue B3, des effets ingénieux et des harmonies vocales osées, créant un son riche teinté dʼune ambiance funky. Le tout permettra assurément de réunir de nouveaux auditeurs, extérieurs au milieu folk dans lequel le groupe fait déjà fureur, afin de les inviter dans la chaleur de la tradition à combustion rapide.
«Leonard nous a vraiment poussés à créer des thèmes et de continuer à y revenir en y faisant seulement allusion. Nous ne faisons jamais le même motif deux fois de la même façon», ajoute Caleb Galant, percussionniste du groupe. «Nous revenons toujours à lʼatmosphère de la pièce pendant que lʼidée continue dʼévoluer, même subtilement.»
«Ça a été une folle aventure. Ça nous est arrivé tôt», explique Rowen, faisant référence à lʼascension fulgurante du trio dans le circuit folk. Déjà acclamés par la scène folk canadienne, ils ont récemment fait partie du palmarès des meilleures prestations de musique traditionnelle à Kansas City, dans le cadre de la plus récente édition de Folk Alliance.
«Nous avons été chanceux de commencer à tourner professionnellement dans notre adolescence», songe Rowen. «Nous avons eu de merveilleuses personnes-ressources qui nous ont aidés et appuyés tout au long de notre cheminement. Mais honnêtement, ce nʼest que depuis la dernière année que nous sommes musicalement autonomes. Ceci nous permet dorénavant de composer la majorité de nos chansons et de créer tous nos arrangements. Le projet est de plus en plus imprégné de nos personnalités, avec la tradition comme toile de fond, comme point dʼancrage.
Pour les Gallant, cette appartenance sʼest développée tout au long de leur vie. Ils se souviennent avoir parcouru les maritimes en compagnie de leur mère pour participer aux sessions de musique irlandaise et écossaise. Ils ont par la suite décidé de fonder un groupe avec Jesse Périard, guitariste et copain de classe, interprétant tout dʼabord le répertoire traditionnel. Bientôt inspirés par des amis musiciens de la scène pop et rock de lʼÎ.-P.-É., ils ont commencé à explorer de nouvelles avenues pour leurs arrangements musicaux et se sont lancés dans la composition de chansons et de pièces instrumentales. Leur collaboration avec Podolak, maître dans lʼart de renouveler la musique folk, les a poussés dans cette démarche, leur proposant un chemin inédit.
«Nous adorons la musique traditionnelle et nous avons une longue liste de groupes que nous écoutons tout le temps», note Périard. «Mais nous avons aussi beaucoup dʼidées provenant dʼautres styles de musique. Il y a une panoplie de projets de lʼÎ.-P.É. qui sont moins trad, plus pop, et ça nous a inspiré.» Les pièces «Cole not Dole» et «Maudit Anglais» (mettant en vedette les voix splendides du groupe folk montréalais Les Poules à Colin) sont la preuve de cette pollinisation croisée.
Jusquʼà présent, le trio nʼoublie jamais son attachement puissant à la musique de lʼÎ.-P.-É., riche mélange dʼéléments celtiques et francophones, voguant de la turlutte au tapage de pieds. Ces éléments sont très présents au niveau sonore dans les compositions originales, et on peut sentir dans les paroles un intérêt profond pour lʼhistoire de lʼest du Canada («Caledonia»).
La chanson-titre de lʼalbum, «Auprès du Poêle», témoigne de lʼendroit où le ficelage se crée entre les racines et la vie contemporaine. Caleb a écrit ce poème suite à la première neige de lʼhiver tombée sur lʼÎ.-P.-É. Il y exprime la satisfaction du travail accompli, la chaleur du feu qui aide à chasser la mélancolie des sombres journées dʼhiver, un sentiment qui a suivi le trio au Québec, où ils ont effectué lʼenregistrement avec Podolak.
«Nous pouvions rentrer à la maison après une journée de 12 heures de studio et apprécier les choses les plus merveilleuses de la culture traditionnelle en hiver», se rappelle Rowen. «Il y avait plein de musique extraordinaire jouée tout autour de nous, merci à Leonard et aux Duhks», musiciens invités sur la pièce festive qui clôt lʼalbum, «Duhk Duhk Goat». «Ces moments sont devenus la principale inspiration pour le disque. Il y a une culture de combat contre le cafard de lʼhiver qui sʼest installée dans la maison traditionnelle. Le poêle en fait partie intégrante.»
«Musicalement, la chanson vous emmène dans plusieurs directions différentes, et démontre jusquʼoù nous pouvons aller en tant quʼarrangeurs», ajoute Périard. «Cʼest un travail dʼéquipe, chacun de nous trois y a mis du sien, et nous en sommes très fiers.»